Extractions de dents de sagesse

Extractions de dents de sagesse

Faut-il les extraire systématiquement ?

Non. Les 3èmes molaires, plus connues sous le nom de dent de sagesse, peuvent tout à fait trouver leur place sur l’arcade dentaire à condition qu’elles ne manquent pas de place et qu’elles ne causent pas de complications futures.

Alors pourquoi les extraire ?

Elles peuvent être extraites pour différentes raisons, à titre préventif ou lorsqu’elles ne font pas leur éruption comme il le faudrait :

Dans le cadre d’un traitement orthodontique : lorsqu’un manque de place est à prévoir, les dents de sagesse sont retirées, à titre préventif, avant même d’être complètement formée, il s’agit d’une germectomie.
Dans le cadre d’un accident d’évolution : de manière assez fréquente, une dent de sagesse peut être à moitié sortie, se trouver dans une position atypique et offrir une porte d’entrée pour les bactéries. Ainsi, des douleurs, une gène à la mastication, des difficultés à ouvrir la bouche (trismus)…peuvent survenir et entraîner une infection. Il est alors préférable de les extraire.
Lors de pathologies carieuses : les soins sur les dents de sagesse peuvent être difficiles en termes d’anatomie, de position et de difficulté d’accès (notamment pour le brossage). L’extraction peut être alors un choix plus raisonnable.
Quand la dent de sagesse rend plus vulnérable à la carie la 2ème molaire : le maintien de l’hygiène est plus difficile dans cette région et une mauvaise position de la dent de sagesse peut limiter l’accès au brossage de la 2ème molaire, augmentant ainsi le risque d’apparition de carie sur la molaire adjacente.

Extractions de dents de sagesse
Extractions de dents de sagesse
Extractions de dents de sagesse
Extractions de dents de sagesse

Comment se déroule l’intervention ?

Un examen clinique et radiographique (panoramique dentaire) permet de situer les 3èmes molaires. Parfois, l’imagerie 3D peut s’avérer nécessaire lorsque les dents sont situées trop à proximité d’éléments nobles tels le nerf alvéolaire inférieur.

L’intervention se déroule sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale.

Quelles sont les suites ?

Les suites peuvent varier d’une personne à l’autre. Il convient de respecter les prescriptions et les consignes données en post opératoires. Il est recommandé :

En cas de saignement : de mordre sur des compresses pendant 15min et de renouveler l’opération si nécessaire
De ne pas fumer durant quelques jours
De ne pas cracher, ni rincer, ni faire de bains de bouche pendant les 24 premières heures de manière à ce que le caillot sanguin se forme correctement pour initier la cicatrisation.
D’éviter de manger et de boire trop chaud les 24 premières heures
Pour réduire l’inflammation, d’appliquer une poche de glace
Après les premières 48h, un gonflement ou un hématome peut survenir mais rassurez vous, il s’estompe progressivement.

Quelques complications possibles :

L’alvéolite : lorsque le caillot sanguin ne se forme pas correctement ou est délogé. Cette situation se caractérise par une douleur, un mauvais gout dans la bouche et une difficulté à l’ouverture buccale, qui dure quelques jours. Le risque augmente avec le tabagisme.
Une paresthésie : lorsque la dent est trop à proximité du nerf, une perte de sensibilité peut avoir lieu. Elle est généralement temporaire, de manière exceptionnelle elle peut être permanente.

Information médicale avant l’extraction de dents de sagesse

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Pourquoi opérer ?

L’extraction des dents de sagesse consiste à enlever les troisièmes molaires du haut et/ou du bas.

Chez l’enfant ou l’adolescent, ces dents n’ont pas terminé leur développement et sont appelés germes (l’intervention est appelée « germectomie »).

Ces dents doivent être extraites parce qu’elles sont en mauvaise position et sont à l’origine de douleurs et d’inflammation ou parce qu’elles risquent de perturber le bon alignement des dents chez l’enfant ou l’adolescent (l’indication est souvent portée par l’orthodontiste).

Comment se déroule l'intervention ?

L’intervention se déroule sous anesthésie locale ou générale.

L’extraction nécessite la réalisation d’un fraisage de l’os après ouverture de la gencive. Selon les cas, la fermeture se fait à l’aide de fils qui disparaissent en 2 à 4 semaines ou sont ôtés en consultation.

Le plus souvent, il est souhaitable de prévoir après l’intervention 2 à 3 jours d’arrêt de travail ou de dispense scolaire.

Les suites opératoires habituelles et les soins post-opératoires

Le gonflement des joues (oedème) est fréquent et parfois important.

Les saignements : Il est fréquent qu’un petit saignement persiste pendant quelques heures à une nuit suivant l’intervention. Le traitement consiste à appliquer une compresse sur la zone de l’extraction et mordre sur celle-ci tant que le saignement ne s’est pas arrêté.

Une excellente hygiène buccale est essentielle. Les bains de bouche prescrits ne doivent être faits qu’après 24 heures et avec de l’eau froide. Après chaque repas, les dents et les gencives devront être nettoyées avec une brosse ultra-souple (dite chirurgicale).

La douleur au niveau des zones opérées est plus fréquente en bas qu’en haut. Elle cède souvent avec des antalgiques et disparaît en quelques jours. Des vessies de glace enrobées dans un linge (pas directement sur la peau) diminuent le gonflement et la douleur.

Une limitation de l’ouverture buccale est fréquente pendant quelques jours ;

Pendant les premiers jours, l’alimentation doit être molle, tiède ou froide. Il faut éviter une nourriture chaude, très salée ou très acide. L’alcool et le tabac sont à proscrire.

Les risques

Tout acte médical, même bien conduit, recèle un risque de complications. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec l’équipe chirurgicale qui vous a pris en charge (Contactez le 15 en cas d’urgence grave).

Il peut s’agir de complications rares :

Une alvéolite : inflammation de l’alvéole dentaire qui survient de quelques jours à 3 semaines après l’extraction. Elle peut entraîner des douleurs importantes et nécessiter des soins locaux.

Une diminution ou une modification de la sensibilité de la lèvre inférieure ou plus rarement de la langue car les nerfs cheminent à proximité de la dent et peuvent être irrités. Ce trouble de la sensibilité est temporaire (quelques jours à quelques semaines), mais dans certains cas, la récupération peut être très longue (1 à 2 ans). Ce trouble est très exceptionnellement permanent.

Une infection des tissus mous de la joue (cellulite) peut survenir quelques jours voire 2 à 3 semaines après l’extraction. Elle cède par un traitement antibiotique adapté. Une communication entre le sinus maxillaire et la bouche pour les dents supérieures, qui se ferme spontanément en 15 jours à 3 semaines. Une persistance au-delà justifie un traitement chirurgical adapté.

Ou de complications exceptionnelles :

L’expulsion de la dent de sagesse supérieure en haut dans le sinus maxillaire ou en arrière de celui-ci est très rare mais peut justifier une nouvelle intervention chirurgicale pour la récupérer.

Une fracture de l’angle de la mâchoire qui peut nécessiter de bloquer la mâchoire en position fermée pendant quelques semaines ou d’opérer en mettant des plaques et des vis.

Source

icone Société Française de Stomatologie, Chirurgie Maxillo-Faciale et Chirurgie Orale

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